dimanche 11 juin 2017

la grâce de tes jours

paraît que tu ne ressembles pas à ta photo
paraît que ta barbe blanchit à vue d'œil  
paraît que t'as refusé un poste à la SNCF
paraît que t'as un penchant pour les lesbiennes qui sucent
paraît que t'as fait l'armée​ 
paraît que t'as aimé ça mais pas au point de la refaire
paraît que tu peux toucher ton nez avec ta langue
paraît que ton nez tordu c'est suite à un cunnilingus qui a mal fini
paraît que t'es un poète très ordinaire toi
un poète pas très crédible aussi
vu que tu bosses en hypermarché 

été précoce
le ciel bleu est un gros bloc 
le ciel  bleu est un gros con
les déjections canines grésillent sur les trottoirs
à la plancha
à l'arrêt de bus 
une femme enceinte se gratte la fouffe à travers sa jolie robe mauve 
le peuple bermuda a repris les rues
et ce spectacle essaie de te tuer 

tu te défends tant bien que mal contre leurs carrures leurs polos roses leurs espadrilles leurs lunettes de soleil leurs tatouages leurs statuts de demi-dieux aux valeurs spécieuses
du genre à socialiser les pertes
du genre à confisquer les gains 

oraison jaculatoire
avant de rentrer chez toi trinquer avec un cendrier plein de pisse
tu dégondes une porte sans trop savoir pourquoi 
et puis tu pars à la douche 

joie de vivre
doigt dans le cul en pensant à Gwenn la gouine

qu'elle repasse dans le coin
tu serais pas contre

au cas où 
tu refais ta coiffure pubienne 
au cas où
tu coupes les ongles de tes pieds
et ton coupe-ongles​ t'explose littéralement à la gueule  
tu n'en tires strictement aucune conclusion

un de ces quatre
tu te verrais bien devenir disciple d'un ermite 
ou alors arbitrer des matchs de ping-pong vaginal   

tu as toujours su que tu n'aurais pas d'enfants
tu as toujours su que t'avais une malédiction à briser 

généraliser est une erreur
ne pas le faire en est une autre 

huis-clos partout quand soudain tu prends une décision qui te semble importante 
remettre de l'ail dans ta bouffe 
mais wé putain 

bruits de journaux froissés dans les arbres où les tourterelles s'enculent

t'es un mec du XX ème  siècle toi 
tu rêves de slows et de machines à écrire

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire