vendredi 17 juin 2016

fête sans personne

difficile de dire si c'est la voisine du dessus qui insulte encore ses gamins
ou bien si c'est celle du dessous qui pourrit encore son clébard
un vieux pitbull
un gros connard
qu'elle ferait mieux de branler de temps en temps
moi je me branle pas
moi chuis trop triste
la religion et la pornographie m'asphyxient la tronche
les escaliers sentent la clope et les oignons frits
y a quelques gouttes de sang en direction du local poubelle
il est presque midi
je pars me soûler sous le vent
me saouler sans boire
grâce au vent qui fait école
dans un angle pas si mort
un monsieur d'un certain âge
son journal sous le bras droit
sa baguette sous le bras gauche
marmonne des trucs mésopotamiens
ça pourrait être une prière
mais je crois juste qu'il peine à pisser
contre la palissade de chantier
qui entoure le terrain vague
terrain vague toujours ardemment convoité par la mairie
terrain vague toujours ardemment défendu par un comité de citoyens
sururbanisation contre coeur de quartier
ce genre d'histoire
putain d'histoire
sur le rebord de la tôle nervurée
les petits merles musclent leurs ailes débutantes
ce dimanche est une fête sans personne
des fois il faut