dimanche 15 juin 2014


travailleur précaire

le parcours te connait par cœur
c'est traîner en ville
c'est toujours tout droit
c'est tourner en rond 

c'est toujours par là que tu vas
au bout de ce faubourg 
qui sent la pluie et le cramé
le chenil la machine
le papier mâché
détruire casser
ils pensent qu'à ça
la matraque
ils comprennent que ça
bonne soirée
bon appétit
bonne année
et joyeux anniversaire à tout le monde
dans le troquet
qui fait angle
la lumière fait des plaques
écran plasma
football anglais
payer pour ça
tu trouves ça normal
y a trois pelés
et un tondu
toujours les mêmes
qui tapent la discute
et qui se jaunissent
et qui s'échangent du tabac
lui il fait trop sa tapette
lui il fait trop son papa
un de ces quatre
je vais lui rentrer dans la bouche
il va pas comprendre
sale mentalité en plus
elle était très sympa avec moi
autrefois Yaëlle
maintenant elle ne me regarde pas
maintenant elle m'analyse
et ils disent 
y a de quoi péter un câble hein 
ou bien ils disent
mais y a rien là putain
41 ans
travailleur précaire
divorcé deux fois
tu prends appui
tu remets ta parka
d'aussi loin que tu te souviennes
faire partie
t'a toujours fait partir
c'est comme ça