vendredi 28 février 2014


patelin

il n'est pas né ici non
mais il vit dans ce pays depuis 30 ans 
il en a 48 maintenant
ce pays qui n'est pas spécialement réputé
pour sa surpopulation
ce pays où les ruminants 
sont plus nombreux que les êtres humains

lui-même tient une ferme dans un patelin 
qui compte 25 âmes
et où ne pas tenir compte de la météo
peut s’avérer être une négligence mortelle

il a toujours préféré les héros nobles
mais abîmés
il a toujours considéré l'enfer comme un endroit dépourvu de livres
et dans la mesure du possible
il se tient à l'écart des stéréotypes frelatés
que véhiculent l'industrie
et l'inconscient collectif 

jeudi 27 février 2014


sauf exception

mieux vaut l'avoir
et ne pas s'en servir
que de ne pas l'avoir
et en avoir besoin
un diable
une roue de secours
une bombe atomique
une complémentaire de santé
il a toujours raison ce mec
une vraie gonzesse
avec ses exigences à la con
il va finir par s'en prendre une
patates bouillies et gros sel 
huile d'olive et poivre noir
Portugal Madagascar
si tu ne sais pas quoi mettre
métamorphose
si tu ne sais plus quitter
tequila
si vous ne savez pas où aller
aléatoire
les parents mentent
les enfants mentent
le chemin n'est pas tracé
les araignées ne vivent pas en société
sauf exception

grosses dents et rictus potache

il sourit beaucoup
beaucoup plus que je ne l'aurais cru
et il t'insulte copieusement
en te souhaitant la bienvenue

il sait mettre d'accord professeurs et ouvriers
les pauvres types les fins lettrés
qui sont parfois les mêmes 
il sait aussi fermer sa gueule
quand ça peut lui rapporter un bon paquet d'oseille

sa femme est une grande rouquine
qui préfère visiter la ville
plutôt que de subir une énième fois
les élucubrations de son mari

il n'a jamais été dépressif non
angoissé
paranoïaque
hargneux
insomniaque
oui absolument
mais dépressif jamais

il n'a pas de portable
il n'a pas d'ordinateur
il n'a pas d'opinion sur l'actualité politique

et il trouve les hommes mauvais
et il trouve les femmes puissantes
et il trouve que leur amour est sacré 

mercredi 26 février 2014

mots clefs n°26

ici c'est doux
le genre de journée 
à tout faire tout nu 
... quiches superbonnes
... massages géniaux
avec ça ma blonde
tu t'en sortiras toujours 
tristesse & soulagement
la lumière bleue apparaît
thermiquement parlant 
on est tous des bouffons grimés
si tu veux 
on peut reparler de mon côté lesbienne

dimanche 23 février 2014

aucune trace dans la base de données

elle est célibataire
elle est cultivée
elle a tout pour réussir 
elle a tout pour passer à côté
cigarette disparue
île abandonnée
elle regarde la marée
qui cuisine la terre
et le ciel morcelé
elle se dit
qu'avec du cœur
ça doit passer
bottines à talons hauts
château for intérieur
ben non


heureusement qu'il y a Laetitia

tu la connais pas mais si t'arrives à imaginer
une petite pierre précieuse roulée comme une muse
c'est comme si tu la connaissais

elle a ce style de regard plein de qualités brûlantes
style à me transformer en champ de frissons
style à me faire prendre feu sur le champ

ouais ça veut dire qu'elle est bonne
mais ça veut dire aussi qu'elle est un peu triste
passque les vacances sont terminées
et elle sait plus trop où m'embrasser
et elle sait plus trop quoi me dire
et moi non plus
à part que des vacances 
y en a aussi dans la vie de tous les jours
et que des fois c'est tellement dur de se sentir bien
qu'il faut pas trop se faire chier avec les détails
mais attention c'est que disent aussi certains tueurs en série

on peut pas tout dire quoi
on peut pas dire qu'à part vider et remplir
y a pas grand-chose à faire dans cette vie
ni que la merde c'est bien la seule chose qui ait de l'avenir

enfin voilà quoi

heureusement qu'il y a Laetitia

jeudi 20 février 2014


mots clefs n°25

tous les jours toute l'année
trop d'alcool trop de dettes
...interdit bancaire
...embolie pulmonaire
elle est belle la famille
une fenêtre une salle de bain 
un luxe appréciable
petit moment de tranquillité
corridor fluvial 
tes aisselles d'étudiante
sentent bon la brioche
et la fleur comestible
je comprends pas
j'ai de la chance


ça veut dire que je ne vais pas rêver

cette nuit c'est pas difficile de la connaître par cœur
c'est toujours la même interminable ou minable
y a pas trop le choix en fait
en tombant en mille morceaux
je fais semblant de danser à la fête
et en dormant dans mon vomi
je fais semblant d'attendre la femme de ma vie
et me salir me lave
et me vautrer me purifie
et le jus violent de ma viande qui bégaye et qui bave
c'est encore de la chaleur humaine de la vraie lave
à faire voler à travers le bordel
comme Victor le singe fou le fait si bien avec sa merde
ça veut dire que je ne vais pas rêver d'avenir
et ça me va très bien
ça veut dire que je ne vais pas rêver d'avenir
et c'est merveilleux comme venin
ça veut dire que je ne vais pas rêver

samedi 15 février 2014


y a que les saisons qui changent

avec ma gueule 
je peux me poser n'importe où
et me sentir chez moi partout
et c'est un des rares avantages
d'une cloison nasale déviée
surtout sur ce genre de trottoir
qui me sert de terrasse  
et d'où je contemple mes contemporains mes semblables 
qui semblent tous rentrer là où ils ont l'habitude de chier
mais pas moi
c'est pas que je veux pas mais franchement
je ne suis pas assez soûl pour ça
heureusement qu'il y a la bière géante
qui me masse psychologiquement
et que je bois mais ce n'est pas la soif
c'est juste le désir hallucinant d'être enfin moi-même
malgré les conséquences merdiques que cela entraîne
y a que les saisons qui changent
y a que les saisons 

vendredi 14 février 2014

comment faire quand on est tout seul et tout nu ?

ça a le goût
ça a l’odeur même
du moins j’y crois
j’hallucine un peu quoi
surtout quand dans mon poil je diffuse en boucle ton parfum préféré
que je lèche comme si
comme si
comment ça s’appelle déjà ce truc ?
ah ouais un placebo
un placebo à la con
un remède à rien

et ma main gauche de droitier 
faut le dire
c’est un coup de joie relative
qui me fait croire à quelqu’un d’autre
l’obscurité aidant
quelqu’un qui te ressemble étrangement

c’est trop comme je me laisse encore avoir par l’extinction des feux
et comment je brûle mieux que l’homme-torche
en essayant de l’apercevoir le lieu qui va la célébrer
la formule
et rien à voir avec ce putain d’hôtel où je me languis
un endroit qui va te contenir toute entière
toi qui va remplacer toute cette mort 
ou un truc dans le style

et c’est pas triste non c’est pas triste
mais c’est pas super joyeux non plus !

un truc de fou

à l'heure qu'il est 
avec le temps qu'il fait
y a des vies
tu les piges de suite
moine punk
dandy discret
le système te vandalise
toujours autant
vodka essence 
suicide raté
injures érotiques
sur l'autre rive
la lumière devient bleue
force d'inertie
et géométrie variable
fumisterie agréable
autour des feux
au bord de l'étang
la foule fait la fête
et les gens se défoulent
pendant ce temps
bordel de merde
m'ennuyer me détend 
un truc de fou 

jeudi 13 février 2014

mais je ne m'appelle pas Jeff

les mecs qui ont des petites bites sont obligés d’être gentils pour compenser
c’est connu et c’est sûrement pas toi qui va venir me saliver le cul
et me le mordre et me l’ouvrir et me le salir avec amour 
pas vrai, Jeff ?

elle fulmine comme une expédition punitive
sublime dans son rôle de traînée qui piétine à moitié folle
et lovée dans des fringues courtes et collantes de colère noire
des transparences et des spirales imprimées
avec le bord des larmes !

depuis un quart d’heure les venins la font louvoyer à fond
comme une louve arrachée aux produits qui entraînent
comme une louve entraînée par des produits qui arrachent
qui ouvrent la gueule en grand pour que fusent 
les malédictions antiques
qui dans sa bouche sonnent comme des noms de bonbons
dont le bleu bouge dont le rouge coupe dont le rose explose

mais je ne m’appelle pas Jeff
elle fait exprès de me confondre avec son amoureux infidèle
un musicien plutôt reconnu si on aime le style Néo Machin
elle croit que ça m’énerve d’être confondu
à croire que toutes les nanas malheureuses
sont forcément sortis avec quelqu'un de célèbre
mais je ne m’appelle pas Jeff

avec ses feintes d’enfant presque deux fois majeur
elle veut juste que ça flambe plutôt qu’il ne se passe rien
et c’est pas con et pourquoi pas
vu que j’ai encore des trucs à boire

MICROBE 81


MICROBE 81 : Court, toujours !

Ce numéro a été préparé par Frédérick Houdaer.

Au sommaire :
Simon Allonneau
Fabienne Bergery
Katia Bouchoueva
Heptanes Fraxion
Frédérick Houdaer.

Les abonnés le recevront début janvier 
Comme d’habitude, les autres ne recevront rien...


mercredi 12 février 2014

c'est aussi difficile de s'en éloigner que de s'en approcher


c'est aussi difficile de s'en approcher que de s'en éloigner
c'est exactement ce que disait la petite serveuse formidable
en parlant du bar
et de sourire avec les yeux
alors que moi ça me faisait pas beaucoup sourire
alors que moi ça me faisait encore penser à elle
à la fille aux cheveux violets
dont j'avais été obligé d'oublier le nom pour pas trop morfler
le nom mais pas le mystère sauvage et salé

et puis y avait ce truc qui fredonnait ironiquement 
dans les traits de l'air
pour les connaître faut leur faire l'amour
et pour leur faire l'amour faut leur mentir

tu savais pas ça mec ?
non je savais pas ça
ni ça ni qu'il suffisait d'être vivant pour être perturbé


dimanche 9 février 2014

REVUE METEQUE




des cordes sensibles font voler la ville

...des endroits monstrueux...des entrepôts...des ateliers...des enseignes électriques...des murs en couleurs...des échafaudages en bois...des immeubles flambant neufs et tous ces trucs de la mondialisation...la prospérité...la précarité...les bars qui se remplissent...une épopée qui commence au coin de la rue...des rendez-vous clandestins...patates & boudin...trois notes de musique...et l'architecture s'anime...structures gigantesques praticables grâce au vent ...des cordes sensibles font voler la ville dans le plein air primordial...particules de boue...poussières de chantier...briques...cendres...ADN...moment sublime à tout moment...on a rangé les prières et dégainé les invectives...c'est comme ça qu'on attendrit le mieux...le cœur des dieux...c'est comme ça et pas autrement...et on voudrait encore planer...encore un petit peu...si possible...

samedi 8 février 2014


litanie

même tes amis te jugent
et dormir ne sert à rien
dieu triomphe toujours 
dieu en tant qu'algorithme
4 h 47 la gamberge se termine enfin
il est temps de tracer
l'aube l'iode la peau en tant qu'arme blanche
le type enfile sa veste robuste
la tronche encore froissée
y a toujours cette pierre au dessus de lui
et c'est pas une pierre normale
il regarde par la fenêtre de sa chambre
avec vue sur que dalle
ouais il est grand temps de tracer
les flèches de l'été indien l'ont conduit jusqu'ici
la litanie le sud
et cette petite ville maussade
et cette petite ville au bord de la merde
et cette jolie petite ville à la réputation internationale
qui a toujours su prendre soin de la fiscalité
de ses rois de ses artistes 
de ses sportifs les plus fameux
ouais vraiment temps de tracer
il passe devant le cimetière
il passe devant le camping municipal
leur trouve quelques similitudes
à la boulangerie du coin
il s'achète de quoi se restaurer
un truc frugal mais chaud
avec une finesse de mouvement incroyable
le ciel s'est soudain agrandi
qui paye sa tournée de rosée
le long du canal d'irrigation 
le type chope dans sa besace
son avant-dernière canette noire et dorée
et la craque en trinquant à la bonne nouvelle
l'arrivée officielle de l'automne
et puis le rire des corbeaux


vendredi 7 février 2014

pas de cérémonie pas de champagne

pas de cérémonie pas de champagne
rien de spécial
tous les néons de l'horizon grésillent en même temps
à travers des halos à travers des trucs verts
à travers les canines de l'air caniculaire
et l'orage grogne comme un ivrogne philosophe
et l'orage gronde comme un ogre en guerre
on dirait que Dieu en personne va sortir ses poubelles
les couilles à l'air en bas résille et porte-jarretelles
pas de cérémonie pas de champagne
rien de spécial
la pluie parle plusieurs langues mortes
la pluie lave les ailes des oiseaux
la pluie lave les cheveux des chevaux
la pluie remplit tous les trous de la terre
et le ciel vomit des morceaux
et le ciel lance des couteaux
la plaine en est pleine
la plaine est pleine de plaies
la plaine est pleine de peines
pas de cérémonie pas de champagne
rien de spécial
les journées sont des schémas
les semaines sont toutes pareilles
ma bagnole c'est ma cabane
ma famille c'est de la merde
j'ai un nouveau téléphone
mais personne à qui téléphoner
exception faite de ma psy
qui ressemble à une bouteille de whisky
mais motus pas de publicité
pas de cérémonie pas de champagne
rien de spécial
j'ai prévu de ne rien prévoir
et c'est tout un programme
que de jubiler sans joie
en bronzant sous la grisaille
je me fais des frondes avec mes fluides
et je tente le tout et je vise le vide


œufs mimosa

à Paname la pluie ne mouille toujours pas
qui fait tomber des plumes sur les encombrants
on sait pas trop comment s'habiller 
on sait pas trop comment
y a comme un suc qui rend tout chose
les ouvriers qui fument à l'abri
c'est bientôt l'heure de la gamelle
poulies dans les épaules
poussière sur les paupières
tiens Jean-Baptiste
je vais te confier un truc
moi j'aime pas les grosses
mais je peux pas m'en passer
ne me dis pas
ne me dis rien
c'est pas normal hein
et vous faites quoi vous
et vous êtes basés où 
elle va pas finir ses œufs mimosa
la daronne du proprio
du coup elle peut se remettre à déblatérer 
et Caroline en a vraiment marre de l'amour
des cache-cache des gadins
moi par exemple quand j'étudie
les coefficients de marée de la bière
les murs prennent la porte
et les chiens promènent leurs maîtres
le changement de saison mon pote
c'est minutieux comme réglage

mercredi 5 février 2014


et parler je laisse ça aux étoiles

elle aussi
elle a un avis sur ma vie
un avis plutôt négatif

les enfants ont bien grandi 
qui ne jouent plus avec le chien
dommage 

chômage
divorce
cercle vicieux 

il ne me reste que ça 
et l'air de la mer
et le terrain vague qui pousse dans ma bagnole
et les libellules autour de la carcasse

tout ce que je trimballe d'inutile
prend enfin sa place
et parler je laisse ça aux étoiles
Albert King et Jim Morrison

mardi 4 février 2014

mots clefs n°24

le moment est magique
la photo presque banale
il a fallu se perdre
pour vivre enfin le mythe
et finalement au final
c'est pas plus mal 
...poils pubiens 
...plan exhib' 
pratiques ces lingettes
un homme un rien mégalo
explique comment faire de l'argent
en transformant l'espace en poubelle
militants & transfuges 
vous connaissez la dernière
la liberté ne va avec rien
"la  vraie poésie ne dit rien"
Jim Morrison 

lundi 3 février 2014


Stan et les objets transitionnels

bon d'accord
moi aussi je me la joue un peu
comme beaucoup de mecs qui sortent de chez le coiffeur
mais moi c'est passque le shampoing de la shampouineuse
ben c'est ma seule relation sexuelle
depuis que l'île de la Réunion nous sépare
et que malgré ça je sens autour de moi 
et dessus et dessous
tout ton amour
et c'est pas juste un truc romantique à la con
puisque ça me donne pas envie de regarder la télé
puisque ça me donne pas envie de faire du chiffre
mais un putain d'appétit
mais une putain de soif
mais un putain de sourire qui se voit pas
passque la seule chose un peu tarée que j'ai faite ce matin 
à part venir bosser
c'est sniffer une de tes petites culottes noire de brune définitive
et putain ça m'a fait un bien fou

dimanche 2 février 2014



où l'on réserve le diagnostic

depuis peu un soleil bizarre éclaire la nuit pour moi
me retourne la cervelle et tournoie dans le noir

depuis peu des choses poétiques me sortent par les yeux
et ça me fait rire sauf quand ça me fait peur


depuis peu celle avec qui je ne pèse plus rien
apparaît blanche sur les bords comme une hélice


depuis peu les mouches sur leur passage
me touchent avec leurs petites bouches

et c'est pas désagréable d'être touché

depuis peu un soleil bizarre éclaire la nuit pour moi
des points d'orgue et des rencards
menaces ou promesses impossible de savoir


Traction-brabant

"Euh.. c'est grave si je sais pas ce que ça signifie Heptanes Fraxion ? Un chevalier du futur ? En tout cas, je n'aurai droit à aucune identité, c'est ça aussi le net...

Bon, on va se consoler en se disant que le tenancier (ou la tenancière) d'un blog dont les centres d'intérêts sont les poèmes, les crépuscules, les blues, les pornos, les prières et les renforcements musculaires, ne peut pas avoir que des qualités ou des défauts.

Bref, que c'est quelqu'un de normal qui écrit des poèmes sur le quotidien, mais pas un quotidien cool, un quotidien du genre urbain, assez fracassé et avec de belles photos de style abribus ou couloir d'hôpital."

Traction-brabant

samedi 1 février 2014


enculé (2)

c'est beau
c'est beau mais ça sert à rien
certains trouvent ça lent et intense
d'autres pompeux et chiant
j'aurais pu te le conseiller
mais j'aime pas mentir
souvent si ça me plait
c'est que ça va pas marcher
chier un bon coup 
ça rend moins méchant
oui fiston
il faut semer beaucoup
pour récolter un peu
et supporter les clients
et supporter les collègues
et les journées moisies
on devrait être habitué pourtant
les bactéries 
ça sert à éclater les bactéries
voilà à quoi ça sert
et même les femmes peuvent apprendre
et même les mères de famille
et tu me lèves le rideau
et je t'appuie sur la tartine
il fait moins froid qu'hier
les meurtriers en taule c'est des bosseurs
mais tu le savais non
en général la nouveauté relance le fond
en général faut pas généraliser
enculé

Adolphus Bell en 2010

loin ça veut dire loin

loin ça veut dire loin
ça veut dire beaucoup de boue pour un peu d'or
ça veut dire qu'il neige et qu'il fait nuit
et que la nuit est en nage
et que tu cherches encore une veine
dans la peau de ton personnage
de reine en peine de fée en panne
et que rien ne change même en rêve

loin ça veut dire loin
ça veut dire qu'il faut toujours autant de merde
pour un semblant de liberté
ça veut dire qu'il faut faire avec la sale impression
de le connaître par cœur
le film qu'on ne tournera jamais sur nous
la fin surtout qui écœure

loin ça veut dire loin
ça veut dire qu'il est déjà 5h33
et qu'il n' y a plus rien entre les rires et les larmes
que l'énième rediffusion de l'aube qui revient sur terre
comme un putain de paradis 
mon pote Charly

une aile rongée par la rouille

une aile rongée par la rouille
des rayures de partout
un bruit dans le moteur
je me suis garé à l'écart du climat
de mes points sensibles triturés
d'accord elle sait te rendre beau
en revanche
il faut que tu sois toujours d'accord avec elle
et ses bouffons bouffis 
et ses démons grimés 
la frime
les grandes marques
la lumière la majorité le trafic 
c'est un spectacle mais comme d'hab'
la vérité sort de la bouche des égouts 
où des enfants gratuits jouent
avec des otaries mortes
je lis ça dans le  journal
que m'apportent les oiseaux
Dr Wax passe à la radio
Asie Amérique 
asile amnésie
le feu a quitté la terre
en se fiant aux étoiles
et la boue se tient debout
étrange fête ou juste retour des choses
en fait il commence à faire très bon


photo SC